Propos recueillis par Jalal Chouhani — publié dans Maroc Diplomatique, 18 août 2021.
La technique des soins aux cellules souches — ou médecine régénérative — est la médecine du futur dans la mesure où elle permet de traiter des pathologies incurables. La Covid est la meilleure illustration que tous les médicaments et les traitements pratiqués actuellement sont limités, alors qu'avec les cellules souches, le monde de la médecine s'ouvre à d'autres alternatives allant de la fabrication et la greffe d'organes défaillants au traitement de maladies longtemps considérées incurables comme le diabète.
Dans une interview à la MAP, Redouane Rabii, professeur à l'Université Mohammed VI des Sciences de la Santé, a affirmé que la médecine a changé et que les cellules souches sont la médecine du futur.
« Il faut encourager tous les chercheurs et toutes les spécialités pour investir ce domaine afin de pouvoir trouver des solutions à des maladies qui sont actuellement incurables. »
Président de l'Association marocaine d'endo-Urologie (AMEU) et de l'Association Marocaine de Médecine Régénérative (AMMR), le Pr. Rabii a noté que la médecine régénérative est très avancée en Asie et aux États-Unis.
Un champ thérapeutique très large
Selon la société internationale de l'application de cellules souches (ISSCA), il existe désormais une nouvelle voie à la faveur des cellules souches permettant de traiter les organes et les cellules défaillants et des maladies chroniques et incurables. Le Pr. Rabii a précisé que la médecine régénérative a permis de traiter :
- Le diabète, notamment de type 2
- La dysfonction érectile
- Les maladies cardiovasculaires
- Les pathologies neurologiques telles que le Parkinson
- La médecine anti-âge
Référence internationale : le Pr. Anthony Atala
À titre d'exemple, le Pr. Rabii a cité le chercheur et professeur américain Anthony Atala, venu au Maroc pour faire une présentation sur la médecine régénérative. L'expert américain a su fabriquer une vessie par les cellules souches et même un appareil génital chez une fille qui est née sans, les scanners et IRM ayant prouvé que cet organe est redevenu normal.
« Grâce aux cellules souches, il y a moyen de tout faire et de créer et de greffer des organes. »
Premiers traitements à l'Hôpital Cheikh Khalifa
Au Maroc, le Pr. Rabii a commencé cette technique au niveau de l'Hôpital Cheikh Khalifa Ibn Zaid Al Nahyan de Casablanca. À partir de la graisse, le staff médical procède au prélèvement, à la séparation, à l'isolement et au comptage des cellules souches (6 millions au minimum), puis il les active avant de procéder à des perfusions chez les patients selon les pathologies — soit à travers des injections locales ou générales.
Il a été procédé au traitement d'une cinquantaine de patients souffrant de dysfonction érectile avec diabète, de dysfonction érectile sans diabète, ainsi que de patients intéressés par la médecine anti-âge et ceux ayant des problèmes métaboliques.
Objectif : premier laboratoire de culture cellulaire en Afrique
« L'objectif est de mettre en place un laboratoire de culture des cellules souches au niveau de l'Université Mohammed VI des Sciences de la Santé qui sera le premier en Afrique », a annoncé le Pr. Rabii. Il a également souligné qu'en parallèle des essais sur le Covid, des perfusions de cellules souches ont été opérées chez des cas critiques qui ont permis d'éviter le décès de certains patients.